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#Reflexions Pourquoi je ne serai jamais végan

Oh punaise, comment je risque de me faire défoncer dans les commentaires de cet article si des extrêmistes tombent dessus…

Avant-propos : je précise dans mon article que je n'insulte ni ne dénigre personne, je ne veux influencer personne, je ne fais que donner mon avis et vous êtes tous libres d'avoir le vôtre, de ne pas être d'accord avec moi. Vous avez tous vos combats, vos idées, vos envies et je suis très mal placé pour vous dire quoi faire et quoi penser.

Au début de l'été sur Internet, il y a eu beaucoup de bruit autour du véganisme, notamment parce que LinksTheSun (vidéaste au contenu très admirable, soit dit en passant) a publié un "Point Culture" sur le véganisme, dont la réception a été… mitigée. Forcément dès que l'on touche à l'assiette des gens, ça part en vrille.

Pour ma part, j'ai beaucoup suivi la polémique qu'il y a eu autour de ces vidéos, sans vraiment m'exprimer sur le sujet. Ce n'est pas pour autant que cela ne m'a pas fait réfléchir. Et il y a plusieurs points que j'aimerais soulever dans cet article, plus ou moins en vrac :

D'abord, parce que chacun doit être libre de manger, d'agir et de penser ce qu'il veut. Et beaucoup de végans extrêmistes pratiquent une sorte de prosélytisme culpabilisateur sur les personnes dans le doute. C'est la méthode de communication de beaucoup d'extrêmes politiques. Ça ne bafoue en rien la liberté de penser de chacun, mais l'influence est bel et bien là et leur discours est plutôt subtil et bien tourné pour faire culpabiliser les non-végans. Si je fais le parallèle avec LinksTheSun (note : il n'a plus du tout envie d'entendre parler de ce débat après en avoir payé les frais et je le comprends ; je prends son exemple ici mais je ne souhaite pas relancer le débat autour de ses vidéos), lui a ses convictions et se pose encore beaucoup de questions comme "utiliser les abeilles, dans un contexte naturel, pour la pollinisation, est-ce de l'exploitation animale ?" (une question qui, manifestement n'a pas encore trouvé sa réponse). D'autres questions se posent comme "l'équitation ou la détention d'animaux de compagnie, est-ce végan ?" (spoiler alert : les végans ne sont pas d'accord entre eux sur ce sujet), ou encore "jusqu'où doit-on considérer que l'on exploite les animaux ?" (parce que le microbiote intestinal est bien vivant et quoi qu'on en dise, une bactérie est un être vivant qui n'a rien de végétal) ; tandis que Jihem Doe (l'acolyte de LinksTheSun dans sa vidéo) semblait avoir un discours beaucoup plus orienté vers l'intolérance et le dédain. Les limites éthiques sont encore floues et les débats autour du sujet restent passionnés (et passionnant aussi, il faut bien le dire).

Mais justement, où mettre le curseur éthique ? Les végans ne veulent pas que l'on touche aux animaux. C'est tout à fait respectable et louable, au point même que certains sont prêts à crier au scandale quand les secours abattent un animal qui aurait agressé un humain (et ça peut se comprendre, puisqu'ils considèrent qu'une vie humaine est une vie animale). Mais pour plein de raisons, nous n'avons pas tous envie de positionner notre curseur éthique aussi loin. C'est un choix qui doit regarder chacun.

Mais alors pourquoi toujours autant de bruit, que l'on se place du côté végan ou du côté des autres personnes ? Parce qu'on a d'un côté, les végans qui pensent tout à fait injuste que l'on continue à traîter les animaux de la sorte pour notre propre confort et d'un autre côté, toutes les autres personnes qui se voient culpabiliser à cause de ces discours, quand ils se rendent compte des conséquences que cela a, de manger de la viande industrielle, de porter des vêtements ou des accessoires en cuir ou en fourrure, de réaliser des tests sur les animaux, d'éliminer leur habitat naturel, etc. Ce discours tombe généralement sur eux comme un couperet. Certains prennent conscience, d'autres se posent plein de questions et d'autres encore n'ont pas envie d'en entendre parler et de continuer à vivre comme bon leur semble. Sauf qu'à mon sens, ce n'est pas qu'une question d'envie, mais réellement de culture. Et j'en arrive au point le plus important de ce billet de blog. Le véganisme est une culture à part entière : essentiellement basée sur la considération animale, avec ses codes et sa population pour les appliquer. Faisons un peu le parrallèle avec ceux que les végans appellent les "omnis" (pour "omnivore" qui est la nature de l'être humain et qui signifie « peut tout manger ») et réduisons notre échantillon d'étude aux omnis français. Par exemple, nous sommes régulièrement choqués d'entendre parler des Asiatiques manger de la viande de chien, de chat ou de cétacé (ce n'est qu'un exemple, ils ne sont pas les seuls à le faire, n'y voyez aucun sous-entendu raciste). On aurait bien envie de leur dire d'arrêter et il y a déjà eu des actions menée pour ça (notamment parce que plusieurs espèces de baleines, par exemple, sont en voie de disparition). Mais du côté asiatique, ils ne comprennent pas qu'on leur réclame de changer leurs habitudes alimentaires pour des prétextes qu'ils n'entendent pas forcément. Si on revient à notre opposition végans / omnis, on a exactement le même schéma. Sauf que personne ne peut prétendre avoir raison. C'est purement et simplement une question de culture et d'éthique, et c'est donc quelque chose qui regarde chacun, car vouloir imposer sa culture et ses lois, c'est de l'ordre du sectarisme ou de la dictature. Beaucoup d'entre nous (les omnis) vivons avec une idée tout à fait confortable et acceptable que les animaux peuvent être élevés pour les manger, les végans voient cela comme une injustice. À tort ou à raison.

Donc le débat est caduc ? Non, il ne l'est pas. D'abord parce que les animaux obtiennent petit à petit des droits. L'article L214 du Code rural mentionne que les animaux sont des êtres doués de sensibilité. J'ai beau ne pas vouloir devenir végan, je trouve, pour autant, que cet article est une bonne chose, notamment pour condamner les dérives des humains sur les animaux. Car si je vis comme un "omni" (décidément, j'ai du mal quand même avec ce terme, car avant de prendre connaissance du combat végan, je ne me plaçais pas dans une case…), je ne cautionne pas les personnes qui maltraitent leurs animaux de compagnie, ni les élevages en batterie. Pourtant, je n'ai aucun scrupule à vouloir manger de la viande de bœuf issue de milieux respectueux des animaux, et je ne vois pas pourquoi je devrais en avoir ; j'en aurais beaucoup plus à manger de la viande de chien…

Et, histoire d'aborder quelques autres points qui me font dire que je ne serai jamais végan : je n'ai pas envie d'avoir à manger des substituts de viande et de vivre avec des compléments alimentaires pour subvenir aux besoins de mon corps. Je suis, à l'heure actuelle, loin d'avoir une alimentation 100% équilibrée, mais j'arrive à peu près à vivre en bonne santé sans être carencé. J'ai des goûts et des incompatibilités alimentaires sur le plan digestif qui font que, si demain je devenais végan, je ne pourrais vraiment pas manger grand-chose. Il reste aussi des questions économiques et environnementales d'ordre plus ou moins philosophiques pour certaines : si demain, une loi passe pour libérer tous les animaux des élevages. Que deviendront ces animaux ? On attend de tous les tuer jusqu'au dernier ou on les libère et ils voguent dans la nature ? Et après les éleveurs se débrouillent pour changer de métier ? Et si on se met à devoir sustenter la population terrestre entière avec des végétaux, céréales, oléagineux et autres graminés, qu'en sera-t-il de la surexploitation des sols ?

Pour finir, je ne dirais pas que je suis insensible à la cause animale, mais que cela ne me préoccupe pas. Ce n'est pas pour cela que je n'ai rien envie de faire, j'aimerais réduire un peu ma consommation de viande, sans la stopper, en manger de meilleure qualité, ne plus acheter de produits (hors alimentaire) issus de l'exploitation animale. Mais cela demande du temps pour tout contrôler et aussi de l'argent (car les produits bio ne sont, hélas, pas moins cher ; s'ils l'étaient, ça serait pourtant une très bonne chose !) ; par ailleurs, j'estime aussi que les tests réalisés en laboratoire sur des souris (encore une fois, c'est un exemple) sont essentiels et ont, depuis quelques décennies, vraiment permis à la science et à la médecine de progresser. Doit-on se priver des avancées scientifiques sous prétexte de protection animale ?

Donc oui, si vous êtes végan et que vous lisez mon article, vous serez probablement scandalisés par certains de mes propos. C'est normal, je ne pense pas comme vous. Mais je ne crois pas vous avoir insulté une seule fois dans mes propos. Je tiens à le redire : je suis pour le respect de la culture et de la pensée de chacun. Donc si l'envie vous prend de commenter l'article, faites-le de façon constructive. Si je ne suis pas fermé au débat, je pense malgré tout que vous aurez compris que je n'étais pas prêt de changer, car j'estime qu'à l'heure actuelle, des combats me semblent plus importants à mener.

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