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#Reflexions Une idée de réponse au problème du fonctionnalisme

Cet article va peut-être friser la philosophie de comptoir. D'abord parce que je ne suis pas du tout philosophe (même s'il m'arrive fréquemment de laisser divaguer mes pensées pour tenter de trouver des réponses à des grandes questions de la vie) et ensuite parce que n'étant pas philosophe, je n'ai pas vraiment de rigueur à apporter à mon raisonnement.

Néanmoins, j'étais, ce midi, amené à réfléchir au problème du fonctionnalisme évoqué dans la vidéo "La Conscience" du vidéaste David Louapre (Science Étonnante) accompagné de Thibault (Monsieur Phi). Et qui sait, peut-être ai-je trouvé un début de réponse ?

Voici la vidéo en question. Cette vidéo est, pour commencer, extrêmement bien construite (il faut reconnaître que David Louapre est un excellent vulgarisateur ; je ne peux pas me prononcer sur Monsieur Phi, car je le connais beaucoup moins). David nous montre ici comment l'idée de "dualisme" s'est transformée en "physicalisme" puis en "fonctionnalisme". Je vous renvoie à la vidéo si vous voulez savoir ce qu'il y a derrière, car je ne vais pas redévelopper ces courants de pensée ici. Donc, je vais partir du principe que vous êtes à l'aise avec tout ce qui y est évoqué.

À un moment donné, David Louapre nous dit que le fonctionnalisme, bien qu'étant l'idée qui fait le plus consensus parmi les philosophes, rencontre quelques problèmes qu'il échoue à expliquer. L'expérience de la "chambre de Marie" en est un parfait exemple : si on enferme une dénommée Marie toute sa vie dans une pièce en noir et blanc, mais que cette dénommée Marie étudie le fonctionnement du cerveau et des mécanismes sensoriels dans les moindres détails à tel point que Marie est incollable sur le sujet et qu'elle est capable de prévoir ce qu'il va se passer si un jour elle découvre la couleur rouge (qu'elle est parfaitement capable de percevoir !) Comment expliquer la sensation, le mécanisme parfaitement subjectif, qui va se produire dans la tête de Marie ? David précise d'ailleurs que c'est une expérience que l'on vit quasi-quotidiennement, dès lors que l'on découvre de nouvelles odeurs. Fort heureusement, cela a tendance à nous provoquer un petit effet de surprise, mais nous ne tombons pas de notre chaise dès lors qu'un petit fumet inconnu vient chatouiller nos narines. Mais alors, peut-on affirmer et être certain que la sensation d'une odeur inconnue va produire les mêmes effets sur ma conscience que celle de mon voisin ? Peut-on démontrer qu'il va se passer exactement la même chose dans notre cerveau, au niveau biologique, au niveau de la matière, ce qui tendrait à revenir à une notion plutôt "physicaliste" (plutôt que "dualiste") ? Ou alors, y a-t-il réellement une âme cachée quelque part qui expliquerait que ce phénomène restera individuel à chacun ? Peut-être y a-t-il encore une autre explication inconnue à ce jour ?

Allez savoir, celle que je vais proposer ici n'est que pure allégation et hypothétique. Je n'ai aucune idée de ce qu'il se passe réellement dans la tête des gens ni dans la mienne. Et qui sait, c'est peut-être un début de réponse ? Après avoir visionné la vidéo de David, je n'ai pas pu m'empêcher de me poser la question du problème du fonctionnalisme. C'est plus fort que moi, quand une idée me séduit à ce point parce qu'elle me semble à la fois cohérente et expliquer le monde qui nous entourre de façon élégante et réaliste, je me dis que les petites problématiques un peu plus en bordure doivent bien pouvoir trouver une explication rationnelle.

Celle que je souhaite apporter tient en peu de choses : la création de souvenirs immédiats que l'on pourrait qualifier d'expérience sensorielle induite.

Concrètement, notre cerveau me semble être suffisamment complexe et surtout suffisamment armé pour accueillir des sensations nouvelles. Je ne dis pas qu'il sait les interpréter mais qu'il sait comment les traiter pour qu'il puisse ensuite en faire quelque chose. Par conséquent, si demain, je fais l'expérience d'une nouvelle odeur, encore totalement inconnue pour moi, c'est que, physiquement, les récepteurs olfactifs auront été excités d'une façon inhabituelle, et même inconnue pour moi ou mon voisin. Dès lors, le système nerveux se met en branle et alerte les différentes zones du cerveau pour dire "attention, nouvelle odeur détectée !" (tout ça, on sait encore l'expliquer scientifiquement aujourd'hui, ce sont des mécanismes connus de notre cerveau). Mais là ce qui pourrait expliquer la potentielle différence que l'on est incapable de mesurer aujourd'hui, c'est comment les neurones de ma mémoire pourraient bien enregistrer cette nouvelle expérience d'une façon différente de mon voisin. Ou peut-être de la même façon, et c'est alors qu'on serait capable de prouver qu'une odeur de menthe aura la même emprunte neuronale dans ma mémoire que dans celle de tous les autres êtres vivants semblables à moi.

Par la suite, dès lors que la même odeur inconnue (désormais connue) se présentera à mon nez, je saurai l'identifier (surtout si j'en connaissais la source au départ), parce que le cerveau aura été capable de faire le rapprochement entre l'odeur que je sens à un instant T et celle que l'on peut retrouver dans ma bibliothèque personnelle d'odeurs. Et d'ailleurs, ça aussi c'est un mécanisme du cerveau, que l'on est relativement capable d'expliquer scientifiquement, me semble-t-il.

Personnellement, je pense, avec cette hypothèse, que l'on pourrait être capable de retrouver cette fameuse emprunte neuronale qui expliquerait que la sensation d'une odeur ou d'une couleur serait la même pour moi que pour mon voisin… mais je me dois quand même d'y ajouter une nuance.

Car la première fois que j'ai senti de la menthe, je ne m'en rappelle plus vraiment, mais admettons que c'était lorsque je me promenais dans le jardin de mes parents. C'était en été, c'était les vacances, j'étais entouré de ma famille, j'avais mangé un bon gâteau au chocolat le midi, bref, j'étais bien en condition pour vivre de bonnes expériences, heureuses et sereines. Et quand je suis passé à côté de ce bouquet de menthe qui trônait là, auquel je n'avais prêté aucune attention auparavant, je l'ai alors senti, et j'ai, effectivement, trouvé qu'il sentait bon. Dans ma mémoire, j'ai donc d'un côté l'information des récepteurs olfactifs qui ont été excités au moment où j'ai senti la menthe. Cette emprunte est désormais gravée dans ma mémoire, mais tout ce souvenir autour (que j'invente pour cette hypothèse), fait fondamentalement partie de mon expérience sensorielle, qui fait que j'apprécie l'odeur de la menthe.

Mais mon voisin, lui, n'a pas eu la même expérience que moi. Le pauvre avait perdu son chien la veille du jour où il a senti de la menthe la première fois. Il ne s'en rappelle plus, mais aujourd'hui, c'est un parfum qui le met un peu mal à l'aise. J'irai même plus loin en ajoutant que ces expériences sensorielles peuvent être modifiées au cour du temps, si bien qu'au cours de ma vie, je pourrais me mettre à changer d'avis sur un parfum. L'exemple typique du plat que l'on se met à aimer en grandissant, parce que les expériences qui ont eu lieu autour m'ont fait revoir mon jugement. Par exemple, nombre d'enfants détestent le goût du café. Et pourtant une grande partie des adultes se mettent à en boire arrivés à un certain âge. Peut-être que l'on peut expliquer cela par le simple fait que quand notre individu s'est remis à goûter du café, il l'a fait en présence de sa famille qui l'a alors perçu comme quelqu'un qui avait grandi (ce qui est généralement un sentiment très gratifiant pour un enfant ou un adolescent), ou alors l'a-t-il fait pour impressionner ses amis et s'est alors rendu compte que, finalement, le goût du café n'était pas aussi terrible que dans son souvenir. À la fois parce que l'environnement (les parents) inculquent à l'enfant que le café est une boisson "pour les grands" et que le corps d'un enfant est en plein développement et n'est donc peut-être pas équipé tout à fait des même récepteurs sensoriels que les adultes. On peut aussi être en droit de penser que notre cerveau en grandissant n'interprète pas les expériences qu'il vit de la même façon, grâce justement, aux souvenirs, aux expériences qu'il vit au quotidien.

Pour conclure, je pense effectivement que le fonctionnalisme est le courant de pensée qui explique le mieux le fonctionnement des êtres vivants et plus globalement de notre univers et que les problèmes auxquels se heurtent le fonctionnalisme ne sont peut-être pas si complexes à résoudre que ça. Et si je tente d'y apporter une réponse dans cet article, je laisserai surtout le soin aux personnes compétentes d'étudier cette hypothèse et de la réfuter si nécessaire.

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À propos de moi

Tu veux ma photo ? Je sais, j'ai un nom un peu long mais contrairement à ce que tout le monde peut croire, il est très facilement prononçable : Christopher Machicoane-Hurtaud… (vous pouvez m'appeler par mon numéronyme C26d si ça vous chante). C'est pour ça que j'ai choisi c‑mh.fr, c'était plus court. Je suis né le 6 novembre 1992, un jour où, d'après Wikipedia, il ne s'est pas passé grand chose d'exceptionnel ; et je vis dans l'agglomération nantaise. Dans ce blog, vous trouverez plein de trucs qui pourront parler de radio (ma première passion), de musique (mon autre première passion), de web, et quelques réflexions sur l'actu de temps à autres. Un peu de tout, en somme, mais pas encore de licornes arc-en-ciel ; mais j'y songe…

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